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Isaïe 41, 13-20
AELF · Bible liturgique

13 Car moi, Yahvé, ton
Dieu, je te saisis la main droite, je te dis : " Ne crains pas, c'est moi
qui te viens en aide. "
14 Ne crains pas, vermisseau de Jacob,
et vous, pauvres gens d'Israël. C'est moi qui te viens en aide, oracle de
Yahvé, celui qui te rachète, c'est le Saint d'Israël.
15 Voici
que j'ai fait de toi un traîneau à battre, tout neuf, à doubles dents. Tu
écraseras les montagnes, tu les pulvériseras, les collines, tu en feras de
la paille.
16 Tu les vanneras, le vent les emportera et
l'ouragan les dispersera; pour toi, tu te réjouiras en Yahvé, tu te
glorifieras dans le Saint d'Israël.
17 Les miséreux et les
pauvres cherchent de l'eau, et rien! Leur langue est desséchée par la
soif. Moi, Yahvé, je les exaucerai, Dieu d'Israël, je ne les abandonnerai
pas.
18 Sur les monts chauves je ferai jaillir des fleuves, et
des sources au milieu des vallées. Je ferai du désert un marécage et de la
terre aride des eaux jaillissantes.
19 Je mettrai dans le
désert le cèdre, l'acacia, le myrte et l'olivier, je placerai dans la
steppe pêle-mêle le cyprès, le platane et le buis,
20 afin que
l'on voie et que l'on sache, que l'on fasse attention et que l'on
comprenne que la main de Yahvé a fait cela, que le Saint d'Israël l'a
créé.

Isaïe 41, 13-20
Commentaire

DU LIVRE D'ISAÏE

Commentaire

1. Situation

Selon une hypothèse généralement admise depuis quelques décennies, mais qui se trouve désormais assez fortement contestée, les chapitres 40 - 55 du Livre d'Isaïe nous retraceraient la prédication, vers la fin de l'exil Babylonien, d'un prophète anonyme, connu sous le nom du "2ème Prophète Isaïe", du fait qu'il semble appartenir à une école de pensée qui relit, médite et adpate à des temps nouveaux l'oeuvre du grand Prophète Isaïe, qui, lui, avait vécu au 8ème siècle.

Avec quelques chapitres attribués - toujours selon la même hypothèse - à celui qu'on appelle le "3ème Prophète Isaïe" (Isaîe, 56 - 66), qui aurait vécu sa mission quelques décennies plus tard, juste après le retour d'exil, en Palestine, l'oeuvre du "2ème Isaïe" aurait été, par la suite, jointe à celle du "1er Isaïe" (Isaïe, 1 - 39) pour constituer notre Livre Biblique d'Isaïe (Isaïe, 1 - 66).

Ce Livre , qu'on attribue ainsi au "2ème Prophète Isaïe" est aussi connu sous le nom de "Livre de la consolation d' Israël". Il s'ouvre par l'appel du prophète et son dialogue avec Israël (40, 1 - 31), puis nous propose une série de chapitres annonçant l'accomplissemnt des prophéties concernant un nouvel Exode (41, 1 - 48, 22). Une 3ème partie a pour objet de consoler Sion-Jérusalem (49, 1 - 54, 17), et le livre se termine par une conclusion.

Les plus grosses objections à cette théorie séduisante de trois prophètes dont les oeuvres formeraient notre Livre d'Isaïe, tiennent, d'abord, à ce que le Livre de notre Bible, en son entier, est attesté comme tel dès au moins 2 siècles avant notre ère chrétienne, et a toujours été considéré comme oeuvre unique jusque pratiquement le début du 20ème siècle, et, ensuite, à ce qu'un certain nombre de passages des 39 premiers chapitres, attribués, selon l'hypothèse, au 1er Isaïe, paraissent être également d'une époque bien postérieure au 8ème siècle, où il a vécu.

2. Message

Le contraste est frappant entre la faiblesse, la misère, l'incapacité des hommes laissés à eux-mêmes et ce que la force, que Dieu leur donne, leur permet de réaliser.

Les images de cette impuissance humaine sont ici très frappantes : le peuple, représenté par Jacob, n'est qu'un faible "vermisseau", un "misérable mortel", et la langue des petits et des pauvres est desséchée par la soif.

Mais, dans tous les cas, la réponse du Seigneur est extraordinaire : Jacob, saisi par Dieu, et comparé à une herse à broyer, va écraser les montagnes et les collines comme de la menue paille, et le désert va devenir une zone toute de fertilité, verdoyante et comblée d'eau.

Dans cette réponse contrastée, Dieu se révèle comme le Saint d'Israël, le "Rédempteur", le créateur de cette prospérité nouvelle, et il ne reste plus au peuple qu'à reconnaître le Seigneur comme un sauveur magnifique, dont la sainteté rayonne et nous transforme de façon on ne peut plus radicale.

3. Decouvertes

Un certain nombre d'oracles du 2ème Prophète Isaïe (ou de cette partie du Livre d'Isaïe) commencent par cette invitation à bannir toute crainte, et à mettre toute sa confiance dans le Seigneur.

Dieu se présente ici comme le "rédempteur", le "gô'êl", selon ce mot qui désignait le parent proche qui devait prendre en charge les membres de sa famille éprouvés par un deuil, ou ayant besoin d'aide. Que le prophète donne à Dieu ce titre, chargé d'une telle obligation, va très loin pour décrire la proximité de Dieu, qui se déclare ainsi dans ce passage.

Comme jadis,au temps de l'Exode avec Moïse, c'est Yahvé-Dieu qui fournit l'eau et rend la terre prospère. C'est ainsi que le Seigneur continue de conduire son peuple, comme cela nous est dit depuis le début du chapitre 40 (40, 3 - 5), avec lequel commence cette 2ème partie du Livre d'Isaïe.

4. Prolongement

Les images de Paul et de Jean sont aussi puissantes pour décrire l'achèvement de notre salut, par l'action unique de Dieu, à qui rien n'est impossible, ce qui nous explique ce contraste constaté dans notre texte de ce jour :

17 Si donc quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle : l'être ancien a disparu, un être nouveau est là.

18 Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. 2Co 5:19- Car c'était Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation.

20 Nous sommes donc en ambassade pour le Christ ; c'est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu.

21 Celui qui n'avait pas connu le péché, Il l'a fait péché pour nous, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu.

20 A Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir,

21 à Lui la gloire, dans l'Église et le Christ Jésus, pour tous les âges et tous les siècles ! Amen.

10 En ceci consiste l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés.

Prière

Seigneur Jésus, nous sommes souvent tentés de banaliser ta présence, ton action, la puissance de salut qui nous rejoint maintenant par ton Esprit Saint, lorsque nous essayons de te rencontrer dans la prière, ou de t'imiter dans nos engagements d'hommes et de femmes devant vivre au cœur de ce monde, alors que ce que tu nous apprends de Dieu, qui, par toi, vient à nous jusqu'à partager notre vie et notre mort, parler notre langue, se mettre à notre niveau, cela est vraiment une révélation inouïe, dont nous devons sans cesse approfondir la richesse inépuisable : ouvre mes yeux, ouvre mon cœur, ouvre tout mon être à cette présence active de celui qui nous sauve, et qui, par toi, s'est attaché à nous pour que nous ne manquions pas de recevoir sa vie qu'il nous partage, et qu'il nous demande d'exprimer en nos attitudes de vérité, de service et d'amour. AMEN. 12.12.2002