1 Miryam, ainsi qu'Aaron, parla contre Moïse à cause de la femme kushite qu'il avait prise. Car il avait épousé une femme kushite.
2 Et ils dirent : " Yahvé ne parlerait-il donc qu'à Moïse ? N'a-t-il pas parlé à nous aussi ? " Yahvé entendit.
3 Or Moïse était un homme très humble, l'homme le plus humble que la terre ait porté.
4 Soudain, Yahvé dit à Moïse, à Aaron et à Miryam : " Venez-vous-en tous les trois à la Tente du Rendez-vous. " Ils allèrent tous trois,
5 et Yahvé descendit dans une colonne de nuée et se tint à l'entrée de la Tente. Il appela Aaron et Miryam ; tous deux s'avancèrent.
6 Yahvé dit : " Écoutez donc mes paroles :S'il y a parmi vous un prophète, c'est en vision que je me révèle à lui, c'est dans un songe que je lui parle.
7 Il n'en est pas ainsi de mon serviteur Moïse, toute ma maison lui est confiée.
8 Je lui parle face à face dans l'évidence, non en énigmes, et il voit la forme de Yahvé. Pourquoi avez-vous osé parler contre mon serviteur Moïse ? "
9 La colère de Yahvé s'enflamma contre eux. Il partit
10 et la nuée quitta la tente. Voilà que Miryam était devenue lépreuse, blanche comme neige. Aaron se tourna vers elle : elle était devenue lépreuse.
11 Aaron dit à Moïse :" A moi, Monseigneur ! Veuille ne pas nous infliger la peine du péché que nous avons eu la folie de commettre et dont nous sommes coupables.
12 Je t'en prie, qu'elle ne soit pas comme l'avorton dont la chair est à demi rongée lorsqu'il sort du sein de sa mère ! "
13 Moïse implora Yahvé : " O Dieu, dit-il, daigne la guérir, je t'en prie ! ".
Nombres
DU LIVRE DES NOMBRES
Commentaire
1. Situation
Le Livre des Nombres, est le 4ème des 5 Livres qui se rattachent à la tradition de Moïse. Comme les 4 autres, à partir de documents établis à différentes périodes de l'histoire d'Israël à partir de l'an 1000 environ, il a été mis en forme, en sa rédaction finale, après le retour de l'exil Babylonien. En plus de nous rapporter la tradition de Moïse, son but était d'aider la restauration du culte après l'exil, en reportant les ordonnances alors adoptées dans la tradition de Moïse.
Le message fondamental des Nombres est de nous montrer qu'il est possible de vivre en peuple de Dieu, même lorsqu'on pérégrine et marche dans un désert, loin de ses bases ou sans avoir encore de base, comme c'est le cas du peuple de l'Exode.
Ce livre traite successivement : - de l'organisation de la communauté au Sinaï, avant son départ (1, 1 - 10, 10), - de la marche dans le désert, depuis le Sinaï jusqu'aux plaines de Moab (10, 11 - 21, 35), - des préparatifs à l'entrée dans la terre promise, lorsque le peuple a atteint les plaines de Moab (22, 1 - 36, 13).
Notre page se situe peu de temps après le début de cette marche vers les plaines de Moab.
2. Message
Le frère et la soeur de Moïse se montrent jaloux de lui, et semblent ne pas accepter qu'il ait été mis par Dieu à cette place unique pour guider le peuple avec une grande autorité.
Dieu intervient pour défendre son serviteur, et rappeler le choix unique qu'il a fait de constituer Moïse comme son partenaire et son interlocuteur privilégiés.
Dieu punit alors Myriam, pour laquelle Moïse vient l'implorer, à la demande d'Aaron.
3. Decouvertes
A travers cet épisode, c'est l'autorité de la tradition de Moïse en Israël qui semble mise en question.
Moïse se trouve ainsi contesté par ses frère et soeur pour avoir épousé une femme Cushite (qui, semble-t-il, était Zipporah, la Midianite).
Myriam et Aaron estiment que Dieu leur parle également (Michée, 6, 4), et le Livre de l'Exode nous présente Myriam comme prophète (Exode, 15, 20).
La Bible nous montre également Dieu parlant via Aaron (Exode, 4, 15), puis par Josué (Nombres, 27, 18), ainsi que par le voyant païen Balaam (Nombres, 24, 2 - 4 et 15 - 16)
Ce passage n'en souligne pas moins l'aspect spécifique et unique de la relation qui existait entre Dieu et Moïse. A la différence des autres interlocuteurs de Dieu, Moïse est chargé d'Israël (Exode, 40, 38), Dieu lui parle directement, à la façon d'un interlocuteur humain (Nombres, 14, 14 et Exode 24, 9 - 11). Moïse est engagé dans tout son être et dans toute son expérience d'homme dans cette rencontre quasi-directe que lui accorde le Seigneur, "d'homme à homme", en quelque sorte.
Au verset 8, Dieu réagit en estimant que Aaron et Myriam connaissaient très bien le caractère unique de sa relation avec Moïse, ce qui explique sa réaction de colère.
Myriam est donc mise hors du camp pour 7 jours, alors qu'il est prévu, dans le Lévitique (13, 14 et 14, 8) que cette absence de la communauté, en cas de lèpre constatée, devait durer deux semaines.
On appelait "lèpre" dans l'Ancien Testament ce qui n'était en fait qu'une maladie de peau non identifiée.
4. Prolongement
Dieu appelle et envoie qui il veut, et comme il veut : toute la Bible est témoin de cette initiative toute particulière qui lui est propre et constante : c'est le cas d'Abraham, de Moïse, de David, de tous les prophètes, de Jésus lui-même, en qui le "Verbe" , ou "Parole" spécifique de Dieu, s'est fait chair, et cela a continué, avec et après Jésus, dans le choix et l'envoi de ses disciples et apôtres, aussi bien que dans l'appel tout-à-fait particulier de Paul.
Mais à chacun il appartient de se conformer à la mission reçue et d'agir "au Nom" de celui qui l'envoie :
1 Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu,
2 en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles.
3 Resplendissement de sa gloire, effigie de sa substance, ce Fils qui soutient l'univers par sa parole puissante, ayant accompli la purification des péchés, s'est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs,
4 devenu d'autant supérieur aux anges que le nom qu'il a reçu en héritage est incomparable au leur.
6 Mais Pierre dit : " De l'argent et de l'or, je n'en ai pas, mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazôréen, marche ! " ...
12 A cette vue, Pierre s'adressa au peuple : " Hommes d'Israël, pourquoi vous étonner de cela ? Qu'avez-vous à nous regarder, comme si c'était par notre propre puissance ou grâce à notre piété que nous avons fait marcher cet homme ?
8 Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton.
9 Car je suis le moindre des apôtres ; je ne mérite pas d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Église de Dieu.
10 C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n'a pas été stérile. Loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous : oh ! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.
15 Mais quand Celui qui dès le sein maternel m'a mis à part et appelé par sa grâce daigna
16 révéler en moi son Fils pour que je l'annonce parmi les païens,...
Il en va de même pour nous : identifiés au Christ ressuscité par notre baptême en sa mort-résurrection selon le don de l'Esprit Saint, nous avons à en reproduire l'image, tout en nous sachant envoyés par Dieu, chacun selon son appel particulier reçu, à rendre visible l'action du Seigneur par le Christ Ressuscité, dans l'Esprit Saint à l'oeuvre, en chacune et chacun d'entre nous, dans la communion de toute l'Eglise :
27 Or vous êtes, vous, le corps du Christ, et membres chacun pour sa part.
28 Et ceux que Dieu a établis dans l'Église sont premièrement les apôtres, deuxièmement les prophètes, troisièmement les docteurs... Puis il y a les miracles, puis les dons de guérisons, d'assistance, de gouvernement, les diversités de langues.
29 Tous sont-ils apôtres ? Tous prophètes ? Tous docteurs ? Tous font-ils des miracles ?
30 Tous ont-ils des dons de guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ?
Sans oublier que le don suprême que Dieu fait à tous, dans l'Esprit Saint, c'est celui d'aimer à sa façon, la charité déposée au fond de nos coeurs (voir 1 Corinthiens, 13 et Romains, 5, 1 - 5).
Prière
*Seigneur Jésus, à travers ta mission, ta mort et ta résurrection, non seulement Dieu nous as libérés de la mort et du péché, mais il nous a choisis, dans le don de l'Esprit Saint, pour qu'à notre tour, nous soyons témoins, à notre époque, de ce que tu as achevé, une fois pour toutes, pour tous les hommes de tous les temps : rends-moi docile à la mission que tu m'as ainsi confiée, et donne-moi de l'accomplir de mon mieux, à ton service, mais sans jamais oublier que cette mission, quelles qu'en soient les formes concrètes à notre époque, demeure "ta" mission propre, et non la mienne, ta mission au service de laquelle tu m'envoies, pour la rendre visible à mes frères et soeurs en humanité, en me demandant de rester toujours un"serviteur" qui se sait inutile, tout en étant conscient d'avoir été "mis à part", pour être, à ma place, le "lieu" de ta grâce. AMEN.
05.08.2003.*