1 Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père, qui l'a ressuscité des morts,
2 et tous les frères qui sont avec moi, aux Églises de la Galatie:
3 que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus Christ,
4 qui s'est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père,
5 à qui soit la gloire aux siècles des siècles! Amen!
6 Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile.
7 Non pas qu'il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Évangile de Christ.
8 Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème!
9 Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure: si quelqu'un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème!
10 Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ.
11 Je vous déclare, frères, que l'Évangile qui a été annoncé par moi n'est pas de l'homme;
12 car je ne l'ai ni reçu ni appris d'un homme, mais par une révélation de Jésus Christ.
DE LA LETTRE AUX GALATES
Commentaire
1. Situation
La Lettre aux Galates, envoyée à plusieurs Eglises de Galatie, est la plus passionnée des lettres de Paul, car l'apôtre y défend âprement la vérité de l'Evangile (2, 5), et sa présentation de la vérité de Dieu en Jésus Christ (1, 12).
Cette Lettre se situe dans le contexte du combat mené, et gagné, à la longue au moins, par Paul dans l'Eglise primitive, pour que l'on n'impose pas aux païens devenus chrétiens la circoncision Juive et la Loi de Moïse comme partie intégrante de la Bonne Nouvelle de Jésus. Cela n'a cependant pas empêché des opposants aux positions de Paul sur ce point d'intervenir, derrière lui en son absence, dans les Eglises évangélisées par Paul pour contredire son enseignement et semer le trouble dans les communautés.
D'une façon générale, on pense que cette Lettre a été écrite entre 49 et 58, mais on la situe majoritairement autour des années 49 - 53, cette dernière date semblant la plus probable.
Après une introduction (1, 1 - 9), trois grandes sections se détachent : - témoignage personnel de Paul sur sa conversion et les débuts de son apostolat (1, 10 - 2, 21), - argument central de la Lettre sur la valeur de l'Evangile annoncé par Paul (3, 1 à 4, 11 ou 4, 30, ou encore 5, 1, selon les commentateurs), - une série d'exhortations morales, qui se terminent en , 6, 10. Vient finalement une conclusion (6, 11 - 18).
A noter que les Galates, comme leur nom l'indique, étaient des tribus d'origine celtique, sinon gauloise.
2. Message
Dès le verset 6, c'est-à-dire le début de cette Lettre aux Galates, Paul se met à reprocher à ses correspondants d'avoir abandonné l'Evangile qu'il leur a prêché lors de la fondation de leur Eglise, pour se rallier à ce qu'enseignent d'autres chrétiens d'origine Juive, qui insistent sur la pratique de la Loi Juive comme également nécessaire au salut, même dans le cas de leur adhésion à Jésus Christ.
Face à cette situation, Paul déclare avec une très grande force que le message qu'il leur a transmis est le seul Evangile de Jésus Christ, qu'il l'a reçu par révélation, et qu'il n'y en a pas d'autre.
Il en est convaincu au point d'affirmer qu'il faut rejeter absolument tous ceux qui voudraient modifier son Evangile, qu'il s'agisse de lui-même (au cas où il viendrait à changer d'avis), voire d'un messager spécial de Dieu, qu'il appelle "un ange du ciel".
3. Decouvertes
On peut distinguer 3 parties dans les 12 premiers versets de cette Lettre.
D'abord l'introduction (1, 1 - 5), , dans laquelle, après les salutations d'usage, Paul se présente comme un Apôtre qui leur a été envoyé par le Christ et Dieu le Père, qui a ressuscité Jésus son Fils, suite à la mort de ce dernier qui a effectué la libération de tout ce qui entrave une vie de qualité des hommes devant Dieu.
Ensuite, en 1, 6 - 9, au lieu de rendre grâces à Dieu pour la foi et la vie chrétienne de ses destinataires, comme il le fait dans toutes ses autres lettres, Paul les réprimande vertement, indiquant par là, du même coup, la raison de son envoi de cette lettre.
S'il leur reproche ainsi de s'être tournés vers un "autre Evangile", suite au passage d'autres personnes dans leur communauté, il tient immédiatement à préciser qu'il n'y a qu'un Evangile, véritable et authentique, celui qu'il leur a lui-même annoncé.
Puis, dans les versets 1, 10 - 12, il fait état, comme argument définitif, de l'origine directe et divine de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ qu'il a reçue et nous transmet.
4. Prolongement
Ne sommes-nous pas souvent tentés de nous ré-écrire un Evangile à notre portée, au nom d'une certaine facilité, ou par peur de nous laisser interpeller jusqu'au plus profond de nous-mêmes par la vérité du message de Jésus face à nos comportements humains en tous genres ? tentés également de l'adapter à une certaine tiédeur, à une certaine "banalisation" de notre existence, comme un enseignemnet qui "fait partie des meubles" et donc ne nous dérange plus ?
Ce qui nous est demandé par Jésus, c'est d'écouter la Parole de Dieu et de la garder en nous pour qu'elle y fructifie d'elle-même sans entraves de notre part, et qu'elle transforme notre vie de l'intérieur (Luc,11, 27 - 28), c'est ensuite de nous rappeler que l'accueil de cette Parole ouvre la porte à la "demeure "du Père et de Jésus en nous, comme il l'a dit lui-même (Jean, 14, 23), c'est encore de l'actualiser et la rendre présente, en dialogue aux événements que nous vivons, qui sont le "lieu" habituel et normal de notre rencontre du Père, par le Christ, dans l'Esprit, selon le culte "en esprit et en vérité" que Jésus nous a demandé de rendre à Dieu (Jean, 4, 23 - 24).
Prière
*Seigneur Jésus, donne-nous d'être vraiment à l'écoute de ta Parole dans la foi, et protège-nous de toute banalisation dans l'accueil que nous devons lui donner. AMEN.
04.10.2004.*