CapBibliqueCapBiblique
Lettre · 6 chapitres

Éphésiens

Éphésiens 1, 1-10
AELF · Bible liturgique

1 Paul, apôtre du Christ Jésus, par la volonté de Dieu, aux saints et fidèles dans le Christ Jésus.
2 A vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ.
3 Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ.
4 C'est ainsi qu'Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour,
5 déterminant d'avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté,
6 à la louange de gloire de sa grâce, dont Il nous a gratifiés dans le Bien-aimé.
7 En lui nous trouvons la rédemption, par son sang, la rémission des fautes, selon la richesse de sa grâce?
8 qu'Il nous a prodiguée, en toute sagesse et intelligence :
9 Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'Il avait formé en lui par avance,
10 pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres.

Éphésiens 1, 1-10
Commentaire

DE LA LETTRE AUX EPHESIENS

Commentaire

1. Situation

La Lettre aux Ephésiens est l'un des documents les plus attirants du Nouveau Testament, en raison de l'élévation spirituelle de son approche, et de son "climat" de prière, dans une totale confiance en Dieu. D'autre part, sa vision de l'Eglise aux chapitres 2, 4 et 5, a beaucoup enrichi les croyants et leurs communautés depuis les débuts du christianisme.

L'adresse de cette Lettre "aux Ephésiens" ne figurant dans la plupart des meilleurs manuscrits, cette "Lettre" ne semble pas avoir été destinée à une Eglise particulière.

La comparaison de cette "Lettre" avec l'épître de Paul aux Colossiens fait apparaître la grande similitude de nombreux passages. On en a conclu que l'auteur d'"Ephésiens" a utilisé "Colossiens", au moins en partie, pour écrire son texte.

Il est donc légitime de nous demander si nous nous trouvons devant une "lettre", ou, de préférence, devant une belle méditation résumant le coeur de la pensée de Paul, qui aurait été mise artificiellement enforme de "lettre" par l'ajout d'une introduction et d'une conclusion épistolaires.

L'on s'accorde aujourd'hui pour penser que ce document n'a pas été écrit par Paul, et qu'il appartient à la 2ème génération d'écrits mis sous son nom. Un disciple et admirateur de Paul l'aurait donc rédigé, après la mort de l'apôtre, dans les années 70 ou 80, et en se servant de "Colossiens" comme canevas et modèle, pour célébrer la foi et le ministère apostolique de Paul.

Entre l'introduction et les salutations d'usage (1, 1 - 2) et la conclusion (6, 21 - 24), se trouvent 2 grandes parties : - une grande prière et une méditation (1, 3 - 3, 21)sur Dieu et son projet, centré sur le Christ et réalisé par lui, de nous donner d'avoir part à sa vie, dans la communauté écclésiale, - une partie exhortative (4, 1 - 6, 20), nous présentant l'Eglise sous l'image privilégiée de "Corps" du Christ, avec ses ministres, et sa manière d'être présente au monde par les croyants qui "marchent dans la lumière" du Christ ressuscité.

2. Message

Dans cette hymne de bénédiction par laquelle s'ouvre la 1ère grande partie de cette "Lettre", suite aux salutations de l'auteur à ses "correspondants" (1, 1 - 2), tout le plan de Dieu nous est ramassé de façon complète et extraordinaire.

En concomittance avec le mystère de notre création, Dieu nous a choisis depuis toujours pour nous partager sa vie en Jésus Christ, en nous faisant, par lui, devenir ses fils.

Par le don absolument gratuit de son salut dans la mort et la résurrection de Jésus, il nous a libérés du péché, et ouvert le chemin de la sainteté, en nous faisant connaître la clé de voûte de tout son projet : tout unir et tout rassembler autour du Christ, et dans le Christ.

3. Decouvertes

Toute la 1ère partie de ce document (1, 3 - 3, 21) constitue un grand ensemble de prière et de méditation, qui s'ouvre par cette grande hymne de bénédiction, que beaucoup considèrent comme le plus beau passage de la Bible, et qui, dans le grec original, peut se ponctuer en une seule phrase (1, 3 - 14).

Nous lisons ici une bénédiction aux multiples aspects : - elle encadre tout l'espace du temps, depuis avant les orgines du monde jusqu'à l'accomplissement définitif en Christ, - elle nous révèle le mystère de Dieu, qui nous prédestine dans l'amour, nous fait part de son plan, dont le centre et le sommet sont la mission de Jésus, - elle nous situe tout ce projet de salut dans la volonté intime et la grâce de Dieu de nous saisir en lui, - elle concentre toute l'oeuvre de Dieu "en" ou "dans Jésus Christ" (formule répétée 5 fois), lieu unique de l'action dynamique et de la rencontre de Dieu.

A noter tout ce qui nous est offert, et ce pourquoi nous bénissons Dieu : le fait qu'il nous ait choisis ainsi, la sainteté dans l'amour, la filiation adoptive, la rédemption, la libération et le pardon des péchés, la connaissance profonde de son mystère par le don de sagesse et d'intelligence.

Pour toutes ces bénédictions qu'il nous a données, que Dieu soit donc béni, car c'est son engagement sous toutes ses formes que nous célébrons !

4. Prolongement

On ne trouve guère de textes semblables dans l'oeuvre de Paul et tout le Nouveau Testament.

Quelques passages s'en rapprochent toutefois, d'une certaine manière :

3 Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation,

4 qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit.

5 De même en effet que les souffrances du Christ abondent pour nous, ainsi, par le Christ, abonde aussi notre consolation.

6 Sommes-nous dans la tribulation ? c'est pour votre consolation et salut. Sommes-nous consolés ? c'est pour votre consolation, qui vous donne de supporter avec constance les mêmes souffrances que nous endurons, nous aussi.

7 Et notre espoir à votre égard est ferme : nous savons que, partageant nos souffrances, vous partagerez aussi notre consolation

8 Car nous ne voulons pas que vous l'ignoriez, frères : la tribulation qui nous est survenue en Asie nous a accablés à l'excès, au-delà de nos forces, à tel point que nous désespérions même de conserver la vie.

9 Vraiment, nous avons porté en nous-mêmes notre arrêt de mort, afin d'apprendre à ne pas mettre notre confiance en nous-mêmes mais en Dieu, qui ressuscite les morts.

10 C'est lui qui nous a délivrés d'une telle mort et nous en délivrera ; en lui nous avons cette espérance qu'il nous en délivrera encore.

11 Vous-mêmes nous aiderez par la prière, afin que ce bienfait, qu'un grand nombre de personnes nous auront obtenu, soit pour un grand nombre un motif d'action de grâces à notre sujet.

3 Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a engendrés de nouveau par la Résurrection de Jésus Christ d'entre les morts, pour une vivante espérance,

4 pour un héritage exempt de corruption, de souillure, de flétrissure, et qui vous est réservé dans les cieux, à vous

5 que, par la foi, la puissance de Dieu garde pour le salut prêt à se manifester au dernier moment.

6 Vous en tressaillez de joie, bien qu'il vous faille encore quelque temps être affligés par diverses épreuves,

7 afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l'or périssable que l'on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d'honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ.

8 Sans l'avoir vu vous l'aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d'une joie indicible et pleine de gloire,

9 sûrs d'obtenir l'objet de votre foi : le salut des âmes.

Prière

*Seigneur Jésus, ce que Dieu ton Père a prévu et accompli pour nous, par ta mission au milieu de nous, dépasse tout ce que nous pouvons imaginer où concevoir, et, ce faisant, il nous a révélé autant le mystère de ce qu'il est, que de ce qu'il nous appelle à être en lui : fais que jamais je ne detourne mon regard de cet insondable mystère, donne-moi de savoir le contempler sans cesse, de le mediter dans sa profondeur, d'y trouver le lieu de ma rencontre et de mon dialogue avec toi dans la prière, et de me laisser saisir, en acceptant que toute mon existence en soit désormais modifiee et transformée, dans la force de ton Esprit. AMEN.

17.10.2002.*