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Livre de · 31 chapitres

1 Samuel

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1 Samuel 18, 6 – 19, 7
AELF · Bible liturgique

6 Comme ils revenaient, lors du retour de David après qu'il eut tué le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d'Israël au-devant du roi Saül, en chantant et en dansant, au son des tambourins et des triangles, et en poussant des cris de joie.
7 Les femmes qui chantaient se répondaient les unes aux autres, et disaient: Saül a frappé ses mille, -Et David ses dix mille.
8 Saül fut très irrité, et cela lui déplut. Il dit: On en donne dix mille à David, et c'est à moi que l'on donne les mille! Il ne lui manque plus que la royauté.
9 Et Saül regarda David d'un mauvais oeil, à partir de ce jour et dans la suite.
...
1 Saül parla à Jonathan, son fils, et à tous ses serviteurs, de faire mourir David. Mais Jonathan, fils de Saül, qui avait une grande affection pour David,
2 l'en informa et lui dit: Saül, mon père, cherche à te faire mourir. Sois donc sur tes gardes demain matin, reste dans un lieu retiré, et cache-toi.
3 Je sortirai et je me tiendrai à côté de mon père dans le champ où tu seras; je parlerai de toi à mon père, je verrai ce qu'il dira, et je te le rapporterai.
4 Jonathan parla favorablement de David à Saül, son père: Que le roi, dit-il, ne commette pas un péché à l'égard de son serviteur David, car il n'en a point commis envers toi. Au contraire, il a agi pour ton bien;
5 il a exposé sa vie, il a tué le Philistin, et l'Éternel a opéré une grande délivrance pour tout Israël. Tu l'as vu, et tu t'en es réjoui. Pourquoi pécherais-tu contre le sang innocent, et ferais-tu sans raison mourir David?
6 Saül écouta la voix de Jonathan, et il jura, disant: L'Éternel est vivant! David ne mourra pas.
7 Jonathan appela David, et lui rapporta toutes ces paroles; puis il l'amena auprès de Saül, en présence de qui David fut comme auparavant

1 Samuel 18, 6 – 19, 7
Commentaire

DU 1er LIVRE DE SAMUEL

Commentaire

1. Situation

Les 2 Livres de Samuel s'occupent de la période durant laquelle deux événements importants se déroulent en Israël : l'un est l'apparition du prophétisme avec l'émergence de Samuel comme prophète pour tout le peuple d'Israël, l'autre est l'institution de la royauté.

Ainsi le 1er Livre commence immédiatement avec l'entrée en scène de Samuel, et le 2nd se termine juste à la veille du tansfert de la royauté de David à son fils Salomon, dans le cadre d'une succession dynastique.

Ce qui est en jeu dans ces 2 Livres, c'est, d'une part, la survivance et la stabilité d'Israël en tant que peuple unifié et nation, et, d'autre part, la continuité de la compréhension que ce peuple a de lui-même comme "peuple de Dieu", porteur de la promesse de Dieu à Abraham et de l'Alliance conclue à l'époque de Moïse.

Ces Livres traitent successivement :

  • du changement qui se produit en Israël, lié à l'apparition de Samuel et au rôle que l'on veut faire jouer à l'Arche d'alliance (1 Samuel, 1, 1 - 7, 17),
  • de l'avènement de la royauté avec le choix de Saül (I Samuel, 8, 1 - 12, 25),
  • de la lente stabilisation de la royauté avec la décadence de Saül et la montée de David (1 Samuel,13, 1 - 2 Samuel, 5, 10),
  • de la centralisation du royaume sur Jérusalem (2 Samuel, 5, 11 - 12, 31),
  • des essais infructueux pour renverser David (2 Samuel, 13, 1 - 20, 25),
  • de la préparation par David de sa succession (2 Samuel, 21, 1 - 24, 25).

Nous continuons de lire la 3ème partie des Livres de Samuel, qui nous décrit la mise en place de la royauté en Israël (1 Samuel, 13, 1 - 2 Samuel, 5, 10), et où nous assistons à la décadence de Saül (1 Samuel, 13, 1 - 15, 35), et à la montée de David (1 Samuel, 16, 1 - 2 Samuel, 5, 10).

Poussé par le Seigneur, qui lui a reproché de pleurer Saül, Samuel est allé oindre le jeune David au milieu de ses frères (1 Samuel, 16, 1 - 13), et nous assistons maintenant à la démonstration du charisme de David (1 Samuel, 16, 4 - 18, 5), démonstration dans laquelle la victoire de David sur Goliath le Philistin tient une place centrale.

Mais depuis qu'il a rejeté Saül et choisi David, Dieu a mis son Esprit sur ce dernier et l'accompagne en toutes ses démarches, alors qu'il a laissé un mauvais esprit tourmenter Saül (16, 14) et le remplir de jalousie à l'encontre de David.

2. Message

La popularité de David, sauveur du peuple après sa victoire dur Goliath, suscite la jalousie de Saül qui le consdière désormais comme un rival plus populaire que lui et un prétendant au trône. Il prend donc rapidement la décision de le faire mourir.

Jonathan, fils aîné de Saül et héritier de son royaume, qui s'est lié par une grande amitié avec David, et a même scellé un pacte avec lui, parvient à persuader son père de ne pas agir ainsi à l'encontre de David.

Jonathan fait valoir à Saül l'innocence de David à qui l'on n'a strictement rien à reprocher, ainsi que les services qu'il a rendus à Saül en se proposant d'aller combattre le géant Philistin. Il souligne de même que Dieu était intervenu pour permettre à Davd de remporter sa victoire ce jour-là, suggérant ainsi discrètement que David est le protégé et le béni du Seigneur.

3. Decouvertes

Pour mesurer l'ampleur et la variété des premiers événements en cours dans cette rivalité entre Saül et David, une lecture complète des chapitres 18 et 19 s'impose, dont voici résumées les lignes de force.

Après avoir triomphé du Philistin, David est introduit à la cour de Saül, où il demeure en permanence en récompense de sa victoire, en réserve pour d'autres combats éventuels pour la cause de Saül et d'Israël, et sans doute également pour qu'il puisse être discrètement surveillé.

David est un homme populaire, loué par Saül, qui en fait le chef de ses armées, acclamé par la foule, et donc bien considéré par les courtisans.

Il s'est surtout attiré l'amitié de Jonathan, fils de Saül et héritier du trône, et avec qui il a conclu un pacte qui va beaucoup plus loin que leurs relations strictement personnelles d'amitié, et qui a des implications politiques : ce que suggère le fait que Jonathan fait don de son manteau et de ses armes à David, fait qu'on peut interpréter comme un transfert symbolique à ce dernier de son droit de succession à la royauté de son père.

La jalousie de Saül face à David semble être un mélange de haine et de respect, de reconnaissance de la valeur de David et de désir de le faire disparaître de la scène, tout en sachant que Dieu est avec David.

Ce qui explique les va-et-vient et les contradictions de Saül face à David : il lui donne une fille en mariage, et l'envoie au combat dans des situations périlleuses, caressant ainsi l'espoir qu'il y perdra la vie.

Tous ces projets de Saül à l'encontre de David sont cependant voués à l'échec, alors qu'à l'inverse David va de succès en succès, preuve que Dieu est avec lui, et que la mauvais esprit qui vient de Dieu pour troubler Saül est à l'oeuvre en lui.

C'est l'amitié de Jonathan et la loyauté de Michal, femme de David, qui permettent à ce dernier d'échapper à diverses machinations de Saül. Jonathan est ainsi amené à intervenir auprès de son père en faveur de David, ce qui apaise Saül, mais seulement pour un temps.

En effet, ce retour en faveur de David, dont parle notre passage de ce jour, sera de courte durée : Saül va essayer de transpercer David avec sa lance, et Michal, l'épouse de David, va savoir user de stratagèmes pour aider son époux à échapper aux émissaires de Saül qui le cherchent pour l'assassiner.

Jonathan tentera bien encore une nouvelle fois d'intervenir en faveur des son ami, mais pour constater que son père est fermement déterminé à faire périr David, qui va alors se trouver obligé de s'éloigner définitivement de la proximité et de l'entourage de Saül.

4. Prolongement

David n'est pas le seul élu de Dieu à devoirs'enfuir ou se cacher pour échapper à des adversaires ou ennemis. Ce sera également le cas de Jésus, et de Paul après lui, ainsi que de nombreux témoins du Christ à travers les âges : Jean 11

11.49 L'un d'eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit: Vous n'y entendez rien;

11.50 vous ne réfléchissez pas qu'il est dans votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas.

11.51 Or, il ne dit pas cela de lui-même; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation.

11.52 Et ce n'était pas pour la nation seulement; c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés.

11.53 Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir.

11.54 C'est pourquoi Jésus ne se montra plus ouvertement parmi les Juifs; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm; et là il demeurait avec ses disciples.

11.55 La Pâque des Juifs était proche. Et beaucoup de gens du pays montèrent à Jérusalem avant la Pâque, pour se purifier.

11.56 Ils cherchaient Jésus, et ils se disaient les uns aux autres dans le temple: Que vous en semble? Ne viendra-t-il pas à la fête?

11.57 Or, les principaux sacrificateurs et les pharisiens avaient donné l'ordre que, si quelqu'un savait où il était, il le déclarât, afin qu'on se saisît de lui.

Actes 9

9.18 Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, et fut baptisé;

9.19 et, après qu'il eut pris de la nourriture, les forces lui revinrent. Saul resta quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas.

9.20 Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu.

9.21 Tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonnement, et disaient: N'est-ce pas celui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom, et n'est-il pas venu ici pour les emmener liés devant les principaux sacrificateurs?

9.22 Cependant Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habitaient Damas, démontrant que Jésus est le Christ.

9.23 Au bout d'un certain temps, les Juifs se concertèrent pour le tuer,

9.24 et leur complot parvint à la connaissance de Saul. On gardait les portes jour et nuit, afin de lui ôter la vie.

9.25 Mais, pendant une nuit, les disciples le prirent, et le descendirent par la muraille, dans une corbeille.

2 Corinthiens 11

11.23 Sont-ils ministres de Christ? -Je parle en homme qui extravague. -Je le suis plus encore: par les travaux, bien plus; par les coups, bien plus; par les emprisonnements, bien plus. Souvent en danger de mort,

11.24 cinq fois j'ai reçu des Juifs quarante coups moins un,

11.25 trois fois j'ai été battu de verges, une fois j'ai été lapidé, trois fois j'ai fait naufrage, j'ai passé un jour et une nuit dans l'abîme.

11.26 Fréquemment en voyage, j'ai été en péril sur les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de ma nation, en péril de la part des païens, en péril dans les villes,en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril parmi les faux frères.

11.27 J'ai été dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité.

11.28 Et, sans parler d'autres choses, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les Églises.

Prière

*Seigneur Jésus, comme tu as donné l'assurance à tes disciples que tu serais avec eux lorsqu'ils seraient persécutés ou traduits devant les tribunaux, renforce ma confiance en la puissance de ta résurrection et la présence de ton Esprit, de façon à ce que je doute jamais de la force que tu me donnes et qui m'habite, lorsque tu m'envoies témoigner de ton Evangile, en paroles et en actes, au coeur de ce monde. AMEN.

22.01.2004.*