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Lettre · 16 chapitres

1 Corinthiens

1 Corinthiens 2, 1-5
AELF · Bible liturgique

1 Pour moi, quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole ou de la sagesse.
2 Non, je n'ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.
3 Moi-même, je me suis présenté à vous faible, craintif et tout tremblant,
4 et ma parole et mon message n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse ; c'était une démonstration d'Esprit et de puissance,
5 pour que votre foi reposât, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

1 Corinthiens 2, 1-5
Commentaire

DE LA 1ère LETTRE AUX CORINTHIENS

Commentaire

1. Situation

La 1ère Lettre de Paul aux Corinthiens a été écrite très probablement au printemps de l'année 54, en réponse à une lettre que les Corinthiens lui avaient adressée, concernant un certain nombre de problèmes à propos desquels ils sollicitaient son avis. D'autre part, Paul avait été informé de quelques fonctionnements de cette communauté, qui paraissaient problématiques à des visiteurs de passage à Corinthe.

D'où le plan extrêmement circonstantiel de cette lettre, qui traite successivement :

  • de divisions dans la communauté de Corinthe (1, 10 -4, 21),
  • de l'attitude des chrétiens face aux valeurs du corps humain (5, 1 - 6, 20),
  • de réponses précises à des questions posées (7, 1 - 14, 40) : sur le statut social et le mariage, sur les relations avec la culture païenne, et particulièrement, à propos des viandes offertes aux idoles, sur les assemblées liturgiques (Eucharistie, dons de l'Esprit, partage des charismes dans l'Eglise-Corps du Christ),
  • de la résurrection (15, 1 - 58),

sans oublier l'encadrement de toutes ces sections, entre une introduction (1, 1 - 9) et une longue conclusion, dans laquelle, entre autres choses, Paul parle de la collecte qu'il organise pour les pauvres de l'Eglise de Jérusalem et de ses projets de voyage (16, 1 - 24).

Notre page se situe au début de cette lettre, Paul y traite des partis et des factions dans l'Eglise de Corinthe.

2. Message

Paul apôtre, jusqu'en sa méthode d'apostolat, se comporte en témoin de Jésus Christ, qu'il annonce, en quelque sorte à l'état "brut", Jésus Christ tel qu'il le connaît, sans utiliser les ressources de l'éloquence, de la dialectique, de la sagesse.

Ce message se résume en "Jésus Christ, Messie crucifié", face à la réalité duquel toute expression humaine n'est que faiblesse. Dans la conscience de cette faiblesse, le prédicateur laisse l'Esprit Saint agir.

La grandeur et l'impact du Mystère de Dieu sont d'un autre ordre que la qualité de la présentation humaine qu'on en donne.

3. Decouvertes

Dans cette 1ère partie de cette 1ère Lettre aux Corinthiens, Paul invite les Corinthiens à l'unité, ainsi qu'à bien évaluer ce qu'a été, et demeure, sa mission chez eux (1, 10 - 4, 21).

Le message est celui de la croix du Ressuscité, offert à ceux qui ne s'appuient pas sur eux-mêmes, et adressé ainsi dans la puissance de l'Esprit Saint (1, 18 - 2, 5).

Paul tient à ne pas faire appel à l'art de la rhétorique (dont il nous donne un magnifique exemple dans cette Lettre, en 1, 18 - 2, 5, en particulier), pour annoncer l'Evangile.

Sa prédication est tellement centrée sur le Christ crucifié que tout "embellissement" oratoire eût paru inconsistant. La "faiblesse" de l'apôtre laisse toute la place, en sa vie comme en sa prédication, à la puissance de l'Esprit, et se trouve, de ce fait, en connivence avec le contenu du message.

Très bien formé à l'art de débattre, Paul n'en est pas pour autant un orateur à l'élocution facile, et il le sait.

4. Prolongement

La Bonne Nouvelle de Jésus, ou concernant Jésus, n'a pas besoin de fioritures. Le langage de la proclamation prophétique est le plus direct qui soit. C'est seulement, dans un second temps, quand il s'agit de contempler, dans la prière, le mystère révélé et reçu dans la foi, que la réflexion de synthèse, la poésie et l'art, jouent leur rôle.

Prière

*Seigneur Jésus, tu t'es distingué à la fois par ton langage direct, sans reprendre les artifices ou le style des débats d'école des rabbins de ton temps, et par la continuité transparente entre tes paroles et tous tes gestes d'homme, révélateurs de la miséricorde et de la bienveillance de Dieu : ouvre-moi à l'au-delà de ton mystère, qui toujours me depassera, que je dois accepter de ne jamais dominer, ni de circonscrire dans les formes limitees de nos langages humains, et fais que je sois de plus en plus configure à ce message dans ma manière de parler, d'agir et de reagir. AMEN.

02.09.2002.*